Mise au point sur la fameuse "intolérance au lactose" de la whey

Une question sur un supplément ? Comment le prendre ?

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Μετά Ἐγώ
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Mise au point sur la fameuse "intolérance au lactose" de la whey

Message par Μετά Ἐγώ »

Comme je vois souvent ce sujet revenir, je fais un petit topo sur mon expérience avec la whey Je viens en effet récemment de boucler la boucle concernant mes problèmes. Je vous livre donc un résumé de mes expériences, de mes réflexions, de mes recherches et de mes solutions pour les différents de figure.

1. Les protéines en poudre ne sont pas absolument nécessaires. Elles peuvent avoir une relative utilité.

Elles ne servent qu’à rectifier une alimentation qui manquerait de protéines (les besoins en protéines se situeraient plutôt entre 1,5 et 2 g par kilos de poids de corps. Au-dessus, ça tourne sans doute au gâchis.
Dorian Yates, connu pour être méticuleux, prenait 2,3 g/kg de poids de corps et estimait que plus n’était pas utile. Or, la composition du corps d’un Dorian Yates, sec à 125 kg n’est pas vraiment la même que celle d’un pratiquant moyen et non dopé. On pourrait imaginer que plus notre composition corporelle vire au « musclé », plus on a besoin de protéines, mais imagine où en est un quidam de 80 kg par rapport à Dorian.
Il vaut mieux, au maximum, essayer de tirer les protéines de son alimentation. Les aliments riches en protéines ne contiennent pas que des protéines, mais des minéraux (potassium, calcium, phosphore), des « oligo-éléments » (minéraux nécessaires en plus faible quantité : fer, zinc, magnésium), des graisses, parfois intéressantes (les œufs qui contiennent du cholestérol, nécessaire pour la production d’hormones, de la choline, de la lécithine, des oméga 3 pour les « bleu-blanc-cœur », les poissons gras qui contiennent aussi des oméga 3. Le fait même que des aliments puissent contenir à la fois des protéines et des calories peut être utile à ceux qui ont du mal à prendre du poids (les noisettes, amandes, voire cacahuètes sont une sorte de « gainer » naturel bien plus digeste que les gaines en poudre.
Manger de la poudre de protéines, c’est se priver de tous ces nutriments. Si vous manquez de potassium, vous ne faites pas du bien à votre, corps ni à vos muscles, et il vaut mieux le prendre dans de « vrais » aliments (bananes, par exemple). Je parle d’expérience, mais peut-être suis-je sensible sur ce point.
Les protéines en poudre ne sont donc pas une panacée, et le fait d’en prendre devrait surtout vous faire penser que votre alimentation pourrait être améliorée. Ce sont juste des « suppléments », comme on dit. Ils sont donc utiles en tant que tels, mais absolument pas magique.


2. Protéine en poudre ≠ Whey. Il est devenu coutumier d’estimer que ces mots sont synonymes. Nombreux sont d’ailleurs les (jeunes) utilisateurs qui débarquent pour demander quel type de whey ils doivent prendre ou cherchent même une « whey végétale ». Whey = protéine de lactosérum.

La whey n’a pas énormément d’avantages. Elle n’est pas « anabolique » ailleurs que sur le papier. Ceux qui se ruent sur leur whey après l’entraînement ou en se levant le matin en pensant que sinon leur « anabolisme » va fondre comme neige au soleil s’ils ne respectent pas ce « timing » se font de grosses illusions. La whey déclenche effectivement sur le papier des réponses «  anaboliques » dans le corps, mais c’est une goutte d’eau dans l’océan des diverses réactions d’adaptation qui vont vous faire prendre du muscle.
Elle passe rapidement dans le sang, d’où la fameuse réponse anabolique, mais il est plus utile, il me semble d’étaler ses protéines dans la journée et au milieu de repas que de passer son temps à boire des shakers.
Ce serait plutôt un désavantage : l’anti-catabolisme est sans doute bien plus efficace pour construire du muscle que l’anabolisme, surtout s’il est ponctuel. D’ailleurs les produits hormonaux ont un fort effet anti-catabolique. D’expérience je dirais d’ailleurs que les deux protéines les plus efficaces selon moi, sont les œufs et le fromage blanc. Je n’ai jamais rien vu de plus efficace. Le fromage blanc a un effet coupe-faim très important, aide à augmenter un apport de protéine. C’est d’ailleurs le meilleur rapport protéine/calcium de toutes les protéines à base de caséine, avec le caséinate (de calcium, pourtant) si on ne veut pas trop charger la mule en calcium. Les œufs passent lentement dans le sang aussi, surtout si on les prend entiers (le gras ralentissant la digestion). Le blanc d’œuf en poudre ne marche pas trop mal non plus, mais certains ne le supportent que cuit. Les protéines entières du lait ou la caséine micellaire sont assez efficaces aussi, mais elles sont très chargées en calcium. Le caséinate, qu’on a ringardisé avec la caséine micellaire ne me semble pas si mauvais, et il contient deux fois moins de calcium que les protéines citées précédemment. Le calcium n’est pas le mal, comme certains essaient de nous faire, croire (la caséine non plus, d’ailleurs), mais en consommer 3-4g par jour n’est sans doute pas une bonne idée.

3. Pour les fameuses « intolérances au lactose ». Soyons clair : on vous a bien bourré le mou : si vous supportez de boire un verre de lait (qui contient autant de lactose que 100 g d’une whey « de base »), vous n’êtes définitivement pas allergique au lactose.
– L’authentique « intolérant » au lactose est quelqu’un qui ne boit pas de lait à la base et en général est au courant du fait qu’il ne le digère pas (certains ne savent pas parce qu’ils ne prennent jamais de lait, voire pas de laitage, ou en très petite quantité). Les produits fermentés ou les fromages n’existent pas par hasard, mais pour améliorer la digestion du lactose ou l’éliminer purement et simplement. Toujours penser aux recettes traditionnelles d’accommodement des produits de base : elles existent rarement sans raison.
Il faut savoir que la non-digestion du lactose n’est pas une exception : elle est théoriquement la règle. L’homme, à l’âge adulte, ne produit plus de lactase (l’enzyme permettant la digestion du lactose). Le lait, c’est pour les bébés, dit-on. De façon coutumière, les humains ont donc fait en sorte de ne plus consommer de lactose à l’âge adulte. Il faut savoir aussi que cesser de consommer du lactose aboutit en général à un arrêt de sa production. Au-delà d’un certain temps, et en dessous d’une certaine production, ça ne revient plus. Delavier a sans doute raison lorsqu’il dit que la capacité à digérer le lait est une mutation, propre à des contrées où l’on s’était mis à consommer du lait ou des produits laitiers fermentés (le nord de l’Europe, en particulier). De la même manière que la couleur blanche est une mutation permettant de retenir plus de vitamines D, pour faire écho aux obsessions ethno-machins du même Delavier.
— Donc si vous pouvez boire un verre de lait sans problème par jour, c’est pour une autre raison que vous ne digérez pas la whey, si c’est le cas. Que reste-t-il alors comme solution ? Si vous ne buvez pas de lait et/ou ne le supportez pas, là il faudrait ou vous tourner vers un isolat de whey, ou vers une autre forme de protéines (œuf, protéine végétale…).
Quelles peuvent être les autres raisons d’une intolérance à la whey :
– tout bêtement trop de protéines, par rapport à ce que supporte votre système digestif. Il y a de fortes chances, dans ce cas, que ce soit de toute manière excessif tout court (et inutile), si vous en prenez tout simplement trop.
– tout bêtement encore, trop de lait, si vous consommez votre whey dans du lait. Même si vous n’êtes pas à proprement parler intolérant au lactose, tout le monde ne supporte pas pour autant un litre de lait par jour (personnellement j’ai été jusqu’à 2-3 litres sur de longues périodes, mais je ne le conseille pas forcément). Parfois la solution du problème n’est pas dans le problème lui-même, mais dans des problèmes accessoires.
– pour autant, n’allez pas croire pour autant ceux qui vous disent que vous ne digérez plus le lait parce que vous mangez du gluten. C’est peut-être possible, mais il vaut toujours mieux commencer par la solution la plus simple que d’aller chercher dans d’hypothétiques autres causes. On s’est bien fichu de moi en me proposant cette solution. Il ne faut pas oublier que l’intérêt des vendeurs de whey est de vous en faire consommer le plus possible, et que vous ne cessiez pas d’en consommer. Le propre de l’intolérance au gluten, c’est tout de même essentiellement… de ne pas digérer le gluten (et non de ne pas digérer autre chose à cause du gluten).
– J’en profite pour vous le signaler : le coup du liquide trop froid, du lait (hormis dans le cas susmentionné) ou de l’eau du robinet, c’est une vaste blague. Idem pour les lactases, biotiques, etc.
– Donc, si vous évacuez l’authentique intolérance au lactose (important de se poser la question avant) et que vous n’exagérez pas sur les quantités, il ne reste plus qu’une seule solution : l’intolérance aux protéines laitières elles-mêmes. Ce qui est embêtant, c’est qu’on revient sur le coup du verre de lait, mais de façon plus contrastée, puisque le verre de lait ne contient pas autant de protéines qu’un shaker de lait et, surtout, il ne contient pas autant de whey (lactosérum) que la whey (1 g contre 25 g pour un petit shaker gentil). Si vous êtes intolérant à une fraction du lactosérum : bonne chance !
– Il est donc possible de penser que certains sont intolérants à toutes les wheys. Que celles-ci soient des concentrats, des isolats, « natives » ou « fromagères ». Qu’on soit intolérant à toutes les whey est théoriquement possible, mais se heurte à un problème : la fameuse « déformation » des protéines dites « fromagères » (les fameux « déchets » de l’industrie fromagère) en déformant les protéines semble dégager les fractions potentiellement agressives pour certains d’entre nous. Un peu comme la cuisson, qui d’ailleurs améliore grandement la digestibilité des protéines laitières chez les malchanceux. La « déformation » des protéines est d’ailleurs une constante de l’alimentation humaine qui connaît deux méthodes pour se débarrasser des antinutriments ou fractions allergisantes : la cuisson et la fermentation.
– Si vous êtes devenus intolérants au « lactose » à un moment où vous consommiez des protéines natives (c’est mon cas) je ne peux que vous enjoindre à beaucoup de prudence.
Dans ce cas il n’y a qu’une seule solution : arrêter immédiatement la consommation de cette whey et même de toute forme de whey. Si vous insistez vous risquez, comme moi de devenir intolérant aux produits laitiers et de devoir les arrêter sous toutes leurs formes. C’est sans doute même un coup à ne plus jamais récupérer cette digestion. Dans mon cas, j’ai arrêté bien trop tard, j’ai donc dû y aller un peu fort. Si c’est votre cas, testez ça :
– arrêt de toute forme de whey et de la caséine « native »
– arrêt du lait. Il est fort probable que vous puissiez néanmoins consommer du lait en poudre ou toute forme cuite du lait, comme une bouillie d’avoine au lait. Dans les deux cas les protéines subissent des traitements plus « agressifs » que la simple pasteurisation UHT. Le lait de ferme bouilli doit passer aussi, à mon avis, pour ceux qui pratiquent.
– arrêt au maximum des produits contenant du lactosérum rajouté, sans pour autant faire de paranoïa. Ici, il s’agit surtout de revenir à la base. Vous pouvez prendre du fromage blanc si les ingrédients sont : lait (parfois on ajoute du lait en poudre, pas grave) et ferment lactique. Si vous trouvez des « protéines sériques » ou toute forme de protéine de lait (lactosérum, en fait) ne le prenez pas.

Grâce à ces précautions je suis passé d'une pseudo intolérance au lactose à une reprise des produits laitiers, du lait, puis dernièrement, ayant parfaitement récupéré (en un an, deux ans ? plus ?N) à la possibilté de digérer à nouveau de la whey "fromagère" (testées : l'impact whey, soit la basique de chez basique de MP passe, ainsi que la whey basique de Décathlon (pas la native, donc).

Voilà. Passez bien en revue les points cités et les solutions dans chaque cas, sans vous creusez excessivement la tête. C’est assez simple, en fait.
Carnet Sheikoïdé!!!
Sheiko créa le volume. Et il vit que cela était bon.
"celui qui souhaite la répétition est un homme"
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"La règle c'est: On ne peut fister la fonte. Mais c'est elle qui nous fiste!!"
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patrick
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Re: Mise au point sur la fameuse "intolérance au lactose" de la whey

Message par patrick »

Waouh ! Puis-je me permettre pour résumer de prendre cette simple citation dans ton texte :
les deux protéines les plus efficaces selon moi, sont les œufs et le fromage blanc
Les oeufs ayant même la vertu d'être un aliment non transformé, alors que le fromage blanc est déjà une transformation, relativement naturelle, du lait.

Il faut tout de même savoir que la whey, et bien des produits à forte teneur en protéines disponibles en poudre, font partie des aliments hyper transformés, dont on commence à pressentir qu'il peuvent avoir des effets néfastes sur la santé à terme.

En conséquence, il faut savoir en prendre avec mesure et comme complément éventuel d'une alimentation hypo protéinée, si cela existe.

Il me semble que l'intolérance au lactose se manifeste essentiellement par des embarras digestifs, et que la whey file des gaz, ce qui peut être confondu.

A creuser.
JeanSchee
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Re: Mise au point sur la fameuse "intolérance au lactose" de la whey

Message par JeanSchee »

En faisant mon total calorique quotidien de ma diète, je me suis rendu compte que les 1.8gr de prot/kg de PDC sont atteint très facilement car il y en a partout : féculents, viandes, poissons, oléagineux. Mon soucis est finalement plus de ne pas dépasser les 2gr. C'est là que je me suis rendu compte de l'inutilité des protéines en poudre. Comme tu le dis, si vraiment on n'en manque on peut rajouter des oeufs ou prendre plus de fromage blanc qui ont des apports en minéraux et lipides très intéressants.
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