Arrêtez de faire des cheat meals !

Cheat meal

Cet article se veut dans la veine de celui publié ici même sur la motivation et a pour but de vous aider à prendre un peu de recul sur certains concepts qu’on vous rabâche depuis que vous avez commencé la musculation. Et là, on va s’attaquer ni plus ni moins qu'au fameux cheat meal !

Pourquoi est-ce que je trouve que faire un cheat meal est une mauvaise idée ? Au risque de vous surprendre, ça ne dépend absolument pas de ce que vous allez y mettre. En fait, c’est le concept même du cheat meal qui est pernicieux. Et à mes yeux, cela traduit tout simplement une mauvaise approche de l’alimentation.

Le but premier, quand on mange, c’est bien de recharger son corps en énergie, un peu comme lorsque vous faites le plein à la station essence. Et vous serez d’accord qu’il est plus efficace de faire le plein avec le carburant adapté plutôt qu’avec de l’eau, par exemple. Et bien c’est la même chose pour l’alimentation : dans la mesure du possible, il faut rechercher les aliments qui vont le mieux « recharger » votre corps. C’est pour ça qu’on va essayer d’éviter ou de limiter les aliments trop gras, trop sucrés ou trop pauvres en micronutriments : parce que ce sont des calories « vides ».

Les cheat meals, une idée pernicieuse

Quel est le concept du cheat meal ? Un repas « plaisir », où on va « se lâcher » en mettant de côté le plan alimentaire qu’on respecte à fond le reste de la semaine. Quelle est la conséquence derrière cette idée ? Tout simplement de commencer à catégoriser, de manière plus ou moins consciente, les aliments que vous mangez. D’un côté, les aliments « plaisirs », que vous aimez manger et avec lesquels vous vous régalez pendant votre cheat meal (un unique repas hebdomadaire, si on suit la définition à la lettre). Et de l’autres, des aliments sains, mais que vous ne prenez aucun plaisir à manger, et que vous vous forcez à avaler le reste du temps (soit une vingtaine de repas, en comptant 3 repas/jour, une bonne trentaine en rajoutant les collations).

Le pire, c’est qu’à force de faire des cheat meals, vous renforcez cette catégorisation dans votre esprit, et vous appréciez encore plus les aliments « plaisir » (en général de la bonne junk food) au détriment des aliments sains (sur lesquels vous ne ferez aucun effort, vous reposant uniquement sur votre cheat meal pour l’aspect plaisir). Et alors que votre cheat meal est censé vous aider à tenir votre plan alimentaire, en fait, c’est exactement le contraire qui se produit : vous avez de plus en plus de mal à avaler vos flocons d’avoine et votre poulet, et vous attendez impatiemment le fast food du week-end avec les potes…

Au final, vous entretenez un rapport qui n’est pas sain du tout avec la nourriture. Et vous leurrez vous-même votre cerveau, mais pas de la façon que vous croyez : elle est bien là, la « triche » du cheat meal.

Cheat Meal The Rock

Le cheat meal épique du « Rock » : 12 Pancakes, 4 Pizzas, 21 Brownies ! Rien que ça ?

Le cheat meal sur le long terme, c’est NON !

Sérieusement, combien de temps vous pensez pouvoir tenir une diète de cette façon ? Quelques semaines ? Sans doute. Quelques mois ? Peut-être, mais ça sera déjà plus difficile. Toute votre vie ? Je n’y crois pas une seconde. Compter sur les cheat meals pour tenir sa diète sur le long terme, c’est comme penser que les clips de motivation vous vous aider à aller à la salle. Au début, c’est marrant, ça permet de se donner un genre (ça fait toujours bien de refuser une pâtisserie en sortie avec des potes en expliquant que « non, j’ai déjà fait mon cheat meal » après 6 mois de musculation), mais au final, c’est du bullshit.

Pour durer, il n’y a pas de secret : il faut faire quelque chose que l’on aime. Et si vous détestez 20 des 21 repas que vous avalez chaque semaine (sans compter les collations), dites-vous bien que l’échec est inévitable à long terme. Car ce que vous faites, ça n’est ni plus ni moins qu’un régime basé sur la privation, du même type que ceux qu’on trouve dans les magazines féminins avant l’été. Avec des résultats au mieux éphémères, et qui disparaîtrons dès que vous vous abandonnerez votre sacro-saint régime.

Mais du coup, comment faire ?

Facile : vous oubliez toutes ces idioties de « cheat meal », « cheat day » etc. qu’on vous rabâche depuis que vous vous intéressez à la musculation. La musculation, c’est une course de fond, pas un sprint. Essayez plutôt d’apprécier ce que vous mangez, apprenez à cuisiner ces aliments sains que vous allez manger toute votre vie. Du blanc de poulet avec du riz et des brocolis cuits à l’eau ? Vous pensez vraiment qu’il y a des gens qui mangent ça toute l’année, sur toute une vie ? Rajoutez des épices, des herbes, variez/multipliez les légumes dans votre assiette et apprenez à faire des compromis (avec l’IG, avec les matières grasses etc.)

Et surtout, surtout : ayez des objectifs clairs et réalistes par rapport à votre style de vie, et une alimentation en accord avec ces objectifs. Alors posez-vous les bonnes questions : quel type de pratiquant êtes-vous ? Vous envisagez d’être pro, ou bien vous êtes un simple pratiquant loisir ? Vous participez à des concours de body building, vous êtes en fin de sèche et vous devez absolument recharger votre stock de glycogène pour le défilé de demain devant les juges ? Vous êtes sponsorisés par une marque, et vous devez absolument être sous les 10% de taux de gras pour pouvoir mettre en avant tel ou tel produit ? Ou bien vous pratiquez juste pour le plaisir, et ma foi, un taux de gras de 12-13% à l’année, ça vous semble bien suffisant ?

En fonction de ces réponses, vous saurez si vous avez plus ou moins de marge sur ce qui est acceptable ou pas dans votre alimentation. Bref, soyez cohérent avec ce que vous faites et avec ce que vous voulez. Ou de manière un peu plus crue : si vous n’êtes pas pro, alors vous n’avez aucun intérêt à suivre une diète de pro, quoiqu’en disent les magazines, les marques, les Youtubeurs etc.

Page Hathaway Cheat Meal

Paige Hathaway, modèle fitness.

Cet article résumé en quelques lignes

  • Le concept même du cheat meal est néfaste et entretient un rapport malsain avec la nourriture: oubliez tout ça !
  • Ayez des objectifs clairs et réalistes par rapport à votre style de vie: c’est bien d’avoir des modèles, mais gardez à l’esprit que 99% des pratiquants de musculation ne sont ni des pro, ni des youtubeurs.
  • Une fois vos objectifs bien délimités, ayez un plan alimentaire en accord avec ceux-ci. Si vous êtes un simple pratiquant loisir, vous n’aurez sans doute pas besoin d’être aussi strict qu’un pro qui vit de son image et de ses performances.
  • Apprenez à cuisiner et à apprécier ce que vous devrez manger la plupart du temps. C’est bien plus sain et productif que de se raccrocher à un repas de relâche hebdomadaire où vous allez manger n’importe quoi.

A propos de l'Auteur

Bastoun, sportif amateur s'intéressant à la préparation physique et à la nutrition. Retrouvez tous ses conseils et ses articles sur son blog CorpusFortis.

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