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RUBRIQUE BODYBUILDING Accueil > News > Interview Arnaud Plaisant Les passionnés de musculation s’interrogent souvent sur les motivations et le mode de vie de ceux qui parviennent à se hisser à un niveau mondial. Comment font-ils pour parvenir à une telle transformation, ont-il des secrets particuliers, suivent-ils un entrainement et une nutrition spécifiques ? Fitadium a interviewé pour vous, Arnaud Plaisant, l’un des premiers Bodybuilders français, passé Pro IFBB, ayant participé à des compétitions internationales auprès des plus grands noms du culturisme. Aujourd’hui reconverti en coach personnel, il a toutefois gardé un physique hors du commun qui reste sa signature de « pro ». Pour Musculaction aujourd’hui, Arnaud Plaisant répond sans détour à toutes les questions que vous vous posez et auxquelles Musculaction vous invite à réagir ! Arnaud, nos lecteurs ont envie de mieux te connaître, nous allons d’abord parler de toi et de ton parcours exceptionnel. Fitadium : Quand et comment es-tu venu au bodybuilding ? Quel a été le déclencheur ? Arnaud Plaisant : J’ai débuté à 14 ans, c’est très tôt. Je
pratiquais le handball à haut niveau et je me suis retrouvé à
l’arrêt à cause d’un problème de genou, avec interdiction de
courir pendant 6 mois. Mon père faisait déjà de la musculation, j’y suis allé aussi pour ne pas rester sans rien faire.F : Pourquoi as-tu accroché sur un sport aussi exigeant ? A : Comme beaucoup de jeunes, j’ai vite aimé le côté puissant et masculin du bodybuilding. Mais en tant que sportif, j’étais déjà bien bâti pour mon âge. Donc je ne cherchais pas à grossir à tout prix. C’est en voyant les champions comme Arnold Schwarzenegger et Francis Benfatto que j’ai eu envie de leur ressembler. Voir son corps se transformer procure une sensation indescriptible. Se sentir fort, dur dans ses muscles, voir que son physique évolue, fait qu’on en veut toujours plus…, c’est comme une drogue ! F : Comment en es-tu venu à passer le cap de la compétition ? A : Un peu par hasard… Comme je m’entrainais, j’avais besoin de garder un certain rythme, je cherchais une salle, dès que j’étais en vacances quelque part. Lors de vacances à Argelès, je suis tombé sur une salle ou les plus grands s’entrainaient, Momo Benaziza, Abdel Bouhafs... Ce sont eux qui m’ont conseillé de participer à des compétitions, en voyant mon physique et mon jeune âge, j’avais à peine 17 ans. J’ai donc participé à ce premier show en discothèque à Argelès. D’ailleurs, l’un de ceux qui m’avait conseillé de faire de la compétition, Patrick Klasa, s’est retrouvé en face de moi lors d’un concours, quelques années plus tard, et je l’ai battu ! F : Et s’en est suivi un beau palmarès, d’ailleurs ! A : 1993 : 1ère participation à une compétition officielle à Billy-Montigny, j’avais moins de 18 ans. 1994 : Championnats de France IFBB en Junior, à 19 ans que j’ai remporté. La même année, celle de mon bac, j’ai terminé 5° aux championnats du Monde IFBB. 1999 : Championnats de France Senior, gagné à 23 ans, l’année de mon mariage. 2001 : J’ai participé aux Championnats d’Europe de Slovaquie pour avoir la carte Pro IFBB et j’ai terminé 3°. 2001 : Grand Prix de Hongrie, 3° également. Ensuite, j’ai continué avec beaucoup d’autres compétitions à travers le monde et en Europe.
F : Que penses-tu du bodybuilding d’aujourd’hui ? A : Tout est devenu démesuré… avant, entre les amateurs et les pros il y avait un fossé, mais on pouvait espérer le franchir, aujourd’hui c’est carrément un canyon… Les bodybuilders sont de plus en plus jeunes et la discipline est devenue hyper technique, très difficile au plan de l’entrainement, de la nutrition… Ne parlons pas du plan chimique car ce n’est pas de mon ressort… mais il existe aussi des techniques assez nouvelles permettant d’avoir un dosage sanguin assez poussé pour déterminer les pics hormonaux de chaque personne, pour connaître son cycle personnel et pouvoir ainsi booster l’anabolisme au bon moment. C’est, peut-être, dans le futur une alternative aux anabolisants. Autrefois, il fallait tester différentes approches qui demandaient des années d’expérience pour savoir quand prendre ses suppléments. Aujourd’hui le bodybuilding est devenu carrément scientifique… les bodybuilders, même débutants sont forcés de connaître beaucoup de choses sur la nutrition et la physiologie, le métabolisme. F : Tu as rencontré sans doute beaucoup de bodybuilders, lequel t’a vraiment impressionné ? A : Il y a deux types de physiques, ceux qui sont vraiment monstrueux, qui impressionnent par leur densité musculaire comme les américains et les athlètes d’Europe de l’Est, et ceux qui sont remarquables par leur qualité esthétique. Je privilégie vraiment le côté esthétique. J’aime beaucoup la plastique du français, Lionel Beyéké, qui a gagné le prix Univers et s’est qualifié pour Olympia. Sinon en général, pour moi, le plus bel athlète c’est Flex Wheeler et, pour sa présence sur scène, je reste fidèle à Arnold Schwarzenegger qui a déclenché ma vocation. Aujourd’hui, vu les derniers résultats des concours, on revient vers le côté esthétique et moins monstrueux, ce qui, je trouve, est une bonne chose. Nous allons maintenant, si tu veux bien, aborder les questions qui concernent plus précisément ton entrainement et ta nutrition. F : Quelle est selon toi, la meilleure approche de l’entrainement après toutes ces années d’expérience ? A : Je dirais que la meilleure technique est l’intensité d’entrainement. C’est-à-dire qu’un entraînement basique fonctionne si on le fait à fond. La différence ne se fait pas tellement sur l’entrainement qui se fait toujours avec des exercices de base, et consiste à s’entrainer dur à chaque séance, mais sur la diététique. F : Avec quelles charges ? A : Les charges lourdes ça peut aider, mais à terme attention aux problèmes tendineux. F : Quels sont tes exercices préférés ? A : Les exercices de base, par exemple pour les jambes : squat, presse, legs extension… Et pareil pour les autres groupes musculaires, je dirais qu’il faut rester sur les exercices de base. F : Quel est ton programme type d’entraînement ? Sépares-tu les zones du corps ? A : Oui, je m’entraîne sur des séances séparées, par exemple : - séance 1 : les pecs, triceps avec abdos (je termine toutes mes séances par des abdos) - séance 2 : dos, biceps, - séance 3 : cuisses, ischios, mollets, - séance 4 : épaules, biceps, triceps. Je fais deux séances pour les bras, car en compétition c’est la partie la plus importante, il faut avoir un maximum de bras… F : Quel est le muscle ou le groupe musculaire qui te donne le plus de mal ? A : Les mollets… je les entraîne à chaque séance et pourtant ils ne sont pas aussi gros que le reste de mon physique. F : Et ton meilleur muscle ? Tu es allé jusqu’où en terme de maxi ? A : Mon point fort, c’est les épaules et aussi les cuisses. J’ai soulevé jusqu’à 360 kg en squat et 140kg en développé. F : Quels conseils donnerais-tu en priorité pour l’entrainement ? A : Ne pas s’enfermer à la salle et ne faire que de la musculation, au risque d’être frustré. Certains pensent que la musculation est un sport trop exigeant et empêche de faire autre chose, c’est faux. Par exemple, pour m’entraîner en cardio, je fais de la boxe sur un sac 3 à 4 fois par semaine. Flex Wheeler, lui faisait du taekwondo, c’est pour ça qu’il était capable de faire le grand écart lors de ses posing. F : Et pour la nutrition, tu suis quels principes ? Est-ce que tu préconises des règles d’alimentation au quotidien pour rentabiliser l’entraînement ? A : Bien sûr, il y a des règles de base fondamentales. 1) D’abord, l’apport protéiné est primordial : je me base sur la règle des 2g/kg de poids de corps. 2) L’apport en graisses : l’apport en oméga 3 et oméga 6 doit être significatif, mais il faut éviter les lipides saturés. 3) Pour les hydrates de carbone, je privilégie les sucres mi-lents et les aliments de type légumes secs, lentilles, pois chiches, patates douces… Je n’aime pas trop la mode des aliments complets qui pour moi ne sont pas optimaux pour le transit et freinent l’assimilation de certains nutriments. 4) Les trois types d’aliments sont à harmoniser en fonction de l’objectif : que ce soit grossir, maigrir, augmenter la performance. 5) Et il ne faut pas oublier de boire beaucoup d’eau pour favoriser les échanges d’électrolytes. F : En période de pré-compétition, comment fais-tu évoluer ta diète, restes-tu sur les mêmes bases ou que fais-tu de différent ? A : Je garde une base protidique identique, mais je varie l’apport en hydrates de carbone. J’adopte une stratégie sur un cycle de 12 semaines, décomposé en 4 étapes de 3 semaines, au bout desquelles je rectifie les hydrates de carbone. J’adapte les glucides lents ou mi-lents. Il est indispensable de faire avec son ressenti et au plan esthétique, on voit vite si la peau est dure, molle ou si on est « flotteux ». C’est l’expérience personnelle et les changements physiques qui nous guident. De même, si notre métabolisme est rapide ou lent, on ne métabolisera pas les glucides de la même façon. S’il est rapide, on peut avaler plus de calories et de glucides, mais s’il est lent, il faudra être plus strict avec les hydrates de carbone. F : A quelle fréquence t’entraines tu ? Et quels conseils donnerais-tu pour récupérer? A : Je m’entraine 4 fois par semaine, en respectant la règle deux jours d’entrainement, un jour de repos. Cela est valable quel que soit l’âge et l’objectif. Mais si vous avez des points faibles, il faut les travailler plus et donc vous entrainer selon le principe de la surcompensation. L’entrainement est une agression pour le corps. Il se défend grâce à la surcompensation qui oblige le corps à augmenter le métabolisme et à renforcer les fibres musculaires. Il faut, encore une fois, rester à l’écoute de son corps et être attentif au moindre signe de surentrainement : douleur articulaire, douleur musculaire, le corps envoie des alertes. Il est difficile de distinguer les douleurs de fatigue et de surentrainement. Les signaux sont souvent : le manque de motivation, les difficultés à taper des charges lourdes, des douleurs articulaires ou osseuses, la sensation qu’on va se casser quelque chose, qu’on n’est pas assez fort… Dans ce cas, il ne faut pas hésiter à s’arrêter 3 jours, on ne risque pas de perdre de la masse musculaire avant 3 semaines d’arrêt complet, mais après ce laps de temps la fonte musculaire se fait en 1 semaine et est très difficile à enrayer. F : As-tu essayé les suppléments ? Quel est ton point de vue à ce sujet ? Considères-tu que les suppléments de base comme les protéines sont nécessaires ou, au contraire, superflus ? A : La mentalité française ne permet pas de faire plus de 3 ou 4 vrais repas par jour, au-delà c’est compliqué. Dans ce cas, les compléments alimentaires ont un vrai côté pratique. Je préfère les aliments naturels, ils sont selon moi, plus efficaces, car ils subissent moins de manipulations, mais les suppléments sont utiles pour avoir plus de calories ou pour atteindre un certain objectif, par exemple pour avoir le bon taux de protéines sur la journée. Par exemple, je prends des protéines avant l’entraînement, et je conseille plutôt les acides aminés après, il y a moins de perte et ils sont plus faciles à assimiler. F : S’il ne fallait prendre que 2 suppléments ce serait lesquels ? A : Avant tout des vitamines et minéraux et des oméga-3, oméga-6 sur lesquels il ne faut pas faire l’impasse et qui sont difficiles à apporter par l’alimentation en quantité suffisante. F : Que penses-tu des suppléments comme les stimulants hormonaux ou la créatine ? A : La créatine est efficace si elle est bien utilisée, avec un bon dosage et au moment idéal. Mais il ne faut pas surcharger le corps avec des suppléments inutiles. S’il y a trop de déchets, il lui faudra éliminer des toxines supplémentaires. Je n’aime pas trop les suppléments tout en 1. Je préfère les prendre séparés, car on gère mieux ses dosages. Il y a des phases où il est utile d’associer des suppléments avec d’autres, notamment en période de prise de masse. Dans ce cas, c’est le petit coup de tournevis qui fait la différence et permet d’accélérer les résultats. Une solide base d’entrainement et d’alimentation reste indispensable, mais les compléments, sont des anabolisants naturels sans effets secondaires. Mais, attention car ce mot anabolisant peut faire peur… F : Justement sur le dopage, quelle est ta position ? A : On ne peut pas faire comme si ça n’existait pas ! Oui ça existe, mais les effets secondaires sont dangereux et il faut rester sur une base de santé et évaluer le risque, surtout dans ce sport. C’est une partie médicale et je ne suis pas qualifié pour en parler. En tout cas, moi, c’est une question qu’on me pose souvent à propos des compléments : est-ce que c’est naturel et cela comporte-t-il des risques pour la santé ? F : Pour conclure, les règles de base sont indispensables, mais il faut encore une fois être à l’écoute de son corps, se forger sa propre expérience du régime et de l’entrainement, en fonction de son propre corps ? A : Exactement, il faut adapter, à son propre rythme, la nutrition et l’entrainement, ne pas absorber plus de nutriments que le corps ne peut en assimiler, ne pas s’entrainer au-delà de ses limites personnelles et rester dans le bien-être. F : A propos, tu fais quoi lorsque tu ne t’entraines pas ? A : J’entraine les autres, j’aide les gens à atteindre leurs objectifs au plan physique et à garder leur motivation mentale. Je fais du coaching en direct, sur place dans les clubs de remise en forme et aussi, depuis peu, du coaching à distance sur mon site web. Vous pouvez me contacter sur mon adresse professionnelle : pro.ifbb@wanadoo.fr, ou aller voir directement sur mon site www.arnaudplaisant.com ! F : Merci Arnaud pour cette interview ! |
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