Généralités sur la méthode et le PDC

Questions sur l'entraînement, exercices, progression et niveaux.

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Sage
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MessagePosté: Mercredi 14 Fév 2007 20:27
Généralités sur la méthode Lafay et l'entraînement au poids de corps

  • Méthode et système
    Dans cet article, Olivier Lafay nous explique les différences entre méthode, système et programme. Cette discussion sert à comprendre en quoi le protéo-système est si novateur par rapport à ce qui a été accompli jusqu'ici dans le domaine de la musculation.
  • Qu'est-ce que la force ?
    L'entraînement de musculation a généralement pour objectif l'augmentation de la force, surtout pour les sportifs. Comment la définir, et surtout, comment peut-elle être utile dans la vie quotidienne ?
Dernière édition par Vinz' le Mercredi 14 Fév 2007 20:47, édité 2 fois.

Sage
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MessagePosté: Mercredi 14 Fév 2007 20:28
Méthode et système

Olivier Lafay : "Ne pas confondre "méthode" et "programme"

A ma connaissance, je suis la seule personne à avoir élaboré une méthode, et non pas un programme, des programmes, ou une suite de programmes.

Ce n'est pas de la vantardise : je le savais quand j'ai commencé à réfléchir sur la notion de méthode en musculation et mon ambition était de faire ce qui n'avait jamais été fait.

J'ai également en projet un article d'explicitation d'une catégorie du vocabulaire en musculation car beaucoup de pratiquants mélangent tout.


Voici un abrégé de mon article. J'ai longtemps hésité à le publier car cela demanderait à de nombreux webmasters de revoir leur terminologie...

HIT, HST, Waterbury ne sont pas des méthodes mais des systèmes.

Un système : ensemble d'éléments en interaction dynamique organisés en fonction d'un but.
Le système est donc pensé en se fondant sur une vision du monde. Ici, il s'agit de vision de la musculation.
Le système établit des principes.

Principe : règle de base qui justifie l'existence du système.

Une méthode : une succession d'étapes permettant de parvenir au but proposé par le système. Ces étapes sont nécessairement liées entre elles et il ne peut y avoir de discontinuités entre les programmes (étapes). Chaque étape doit respecter les principes fondateurs du système.

Un programme : une organisation de techniques et d'exercices, avec parfois des étapes à franchir mais ce n'est pas obligatoire, voire même rare.
Un programme peut être un élément constitutif d'une méthode à condition qu'il y ait avant et après lui d'autres programmes respectant, dans l'agencement global, la notion de progressivité.
Le programme est soumis aux principes directeurs du système.

Exemple :
But d'un système de musculation : développement de la masse et/ou de la force.

Le système Weider est fondé sur les principes suivants :
- gros volume d'entraînement;
- split
- intensification multi-factorielle.
Le système produit un discours : le discours Weider. Avec production d'arguments logiques et/ou scientifiques et/ou expérimentaux.

Le système Weider établit en se basant sur ses principes des programmes (agencement particulier d'exercices, temps de repos spécifiques, fréquence d'entraînement d'un muscle étudiée).

Dans le but d'atteindre des résultats tout en respectant le système, des techniques sont étudiées et proposées, devant fonctionner dans le système (ne fonctionnant peut-être pas si on s'écarte du système).

Le système Weider aurait pu établir une méthode Weider.

Tu peux faire la même analyse avec Waterbury.

Et pour être encore plus clair : entre un cours d'Anglais destiné à améliorer un point précis de la langue ou à te faire acquérir un certain nombre de notions et une méthode complète (Assimil pour être compréhensible)


Conclusion rapide : les webmasters et rédacteurs d'articles devraient remplacer le mot méthode par système la plupart du temps.

(...)

Si tu es dans le système Weider, tu suis la logique Weider. Si tu es dans le système Waterbury, tu suis la logique Waterbury.

Le bodybuilding est un méta-système englobant donc les systèmes destinés à donner du volume proportionné.

Si tu es dans un méta-système différent comme le Powerlifting, tu suis la logique de ce méta-système.

J'ai moi-même commis beaucoup d'erreurs lors de mes premières années de pratique en ne sachant pas identifier les systèmes et les méta-systèmes. D'où des confusions, des mélanges inappropriés et la stagnation.

PS : comme je sais que beaucoup de gens me lisent, venant d'autres forums (par exemple), j'insiste sur le "copyright Lafay" concernant ce qui vient d'être écrit.
Ces propos peuvent être utilisés à condition de me citer. Le texte complet est déposé. A bon entendeur..."

Source: Méthode/système


Olivier Lafay : "Quand je parle de mon livre, j’explique que c’est une « vraie » méthode. Autrement dit, la question de la progressivité de l’entraînement et du « sentiment de contrôle » ont été étudiés très sérieusement pendant quinze ans. Pour en savoir plus sur ce qu’est le sentiment de contrôle, lisez mon article dans la partie Magazine de mon site, rubrique « philosophie ». De plus, j’ai créé des séquences basées sur une synergie entre des exercices sans matériel pour stimuler le développement des muscles.

(...)

J'ajoute qu’on ne travaille pas que l’endurance en faisant des séries longues et rapprochées aux dips. Il faut aussi de la force pour faire autant de répétitions en si peu de temps. Pour créer de l’intensité, on peu allonger les temps de repos, prendre plus lourd, augmenter les répétitions, diminuer les temps de repos, augmenter le nombre de séries, ou faire un mixte de tout cela. C’est ce que fait ma méthode. Si je fais une série de 40 dips très facilement à 90 kg de poids de corps, c’est que je peux en faire 40 avec beaucoup plus lourd. Si je fais plusieurs séries très rapprochées de 40 dips, c’est comme si, à chaque série, j’ajoutais du poids.
Il ne faut pas croire que les séries longues ne travaillent que l’endurance.

(...)

Regardez donc le corps de certains gymnastes qui travaillent également en série longues et vous comprendrez peut-être. Il s’agit en fait du nombre de séries, du nombre d’exercices réalisés et du nombre de groupes musculaires exercés. En agençant ces paramètres de manière rationnelle, on peut obtenir les résultats souhaités.

(...)

J’ai fait une fois 110 répétitions aux dips devant témoins. Pour faire 110 répétitions aux dips, il faut être endurant c’est sûr. Mais il faut aussi être très fort. En faisant six séries de 40 très rapprochées (25 secondes de repos), j’augmente mon tonnage. Je réalise un tonnage très important en très peu de temps. Je suis nécessairement plus fort et plus volumineux.

Mais, pour arriver à ça, il faut préparer le corps à travailler dans des conditions extrêmes (séries lourdes et longues avec très peu de repos). Sinon, c’est le souffle qui lâche avant les muscles. C’est ce que je fais faire aux pratiquants de ma méthode dès les premiers niveaux : je prépare leur corps pour qu’ils puissent tenir les exigences progressives. Une fois que le corps est capable de supporter des temps de repos très courts, les gains en force et en masse arrivent."

Source: Débat sur le livre et la méthode- www.methode-de-muscu.com

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Sage
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MessagePosté: Mercredi 14 Fév 2007 20:29
Qu'est-ce que la force ?

Olivier Lafay : "Je faisais de la force il y a bien longtemps avec un ami. Séries courtes, très lourdes. Soulevé de terre, Squat, développé nuque ou militaire, les exercices "de base" avec haltères. Un jour il m'a raconté comment il avait été ridicule lors d'un déménagement (lui qui faisait ses séries à 150 kg au squat, et moi 180 kg) quand il avait dû déclarer forfait car il ne pouvait supporter la charge que représentait une armoire pendant plus de quelques minutes. J'ai fait des expériences similaires de mon côté, dont j'ai déjà parlé ici ou sur d'autres forums.
La famille de cet ami, de bons français non sportifs s'en sortait mieux que lui. Il fatiguait très vite.
C'est à la suite d'expériences et de constatations de ce genre que j'ai commencé à réfléchir à la notion de force fonctionnelle. Je suis passé progressivement des haltères à ma méthode.
Je peux aisément aujourd'hui encore faire des séries de curls facilement à 25 kg, sans faire de curls.
C'est la synergie exercices/temps de repos qui crée de la force "locale".

40 tractions seules ne suffisent pas à faire du curl concentré à 25 kg (encore que cela dépende des personnes) mais un agencement précis de tractions le permet. Pour ça, il faut monter dans les niveaux et dans les répétitions.

Quant au DM. il y a deux ans, lors d'une réunion de famille, j'ai fait des développés d'un bras pleine amplitude avec mon neveu (33 kg) sans la moindre difficulté.
C'est beaucoup plus dur de faire cela que de prendre 33 kg avec des haltères (de plus avec des haltères, l'amplitude est limitée).
C'est comme de prendre un gars de 85 kg, le soulever d'une main à partir de la position accroupie (en l'enserrant aux niveau des mollets) et le hisser sur ses épaules (toujours d'un bras) et de "jouer" avec d'une épaule à l'autre. Cela, je l'ai fait.

Bien sûr, tu n'obtiens pas une telle force en quatre mois de méthode. Je peux t'assurer que lors d'un déménagement, je soulève lourd et je fatigue peu car justement j'ai de la résistance et du souffle.

(...)

Il faut éviter d'être limité par ses croyances. Ne pas penser comme si ma méthode n'était qu'un catalogue d'exercices au poids de corps agencés au petit bonheur. Ne pas penser comme si les exercices au poids de corps ne pouvait pas offrir d'une manière ou d'une autre une résistance équivalente aux haltères.

Si tu désires rester à 60 kg de poids de corps et devenir plus fort, avec ma méthode, ou aussi fort que moi, il te faudra faire beaucoup plus de répétitions. Ne t'y trompes pas : des séries longues au poids de corps très rapprochées développeront ta force. Et tu auras en bonus endurance et résistance.

Atteins les six fois 40 à l'exercice A9 avec les pieds à 1 m du sol et je peux te garantir que tu seras fort au couché serré.
Tu devrais te renseigner davantage sur ce qu'il est possible de faire , en terme de force, quand on pèse 60 kg , en restant naturel et et n'étant pas un powerlifter totalement investi dans sa pratique.
Tes 60 kg te limiteront aux haltères. Et dire que les haltères te permettront de passer un cap "limite" imposé par le poids de corps est une vue de l'esprit.
Beaucoup de jeunes pratiquants ignorent ce qu'il est possible de faire naturellement, que ce soit en force (quelle que soit la force envisagée) ou en volume.

Le nombre de culturistes s'étant évanouis lors d'une séance d'aérobic est considérable. Les culturistes n'ont bien souvent aucune condition physique. Andy adepte du Waterbury l'a constaté.
On remarque aussi cela dans les arts martiaux.
Il y a des raisons physiologiques à cela : le travail lourd en séries courtes explose les mitochondries. Comme l'a écrit MDG : les culturistes ont un moteur de Ferrari avec un carbu de 2 CV. Les culturistes expérimentés ont moins de mitochondries que les non-sportifs.
Bien sûr, les inconditionnels de la fonte ne veulent pas entendre cela. Je le comprends pour avoir été moi-même un fanatique des haltères lourds à 20 ans.
L'ami dont je parle s'entraînait à 72 kg au curl biceps. Nous nous sommes perdus de vue pendant des années puis nous nous sommes retrouvés. Nous avons bien ri en constatant qu'il travaillait en partenariat avec un coach sur un livre traitant de la musculation fonctionnelle. Adieu les séries courtes et les poids très lourds. Ce livre va sortir un de ces jours.
Nous avons eu le même départ et le même cheminement, chacun de son côté. Deux intellectuels (il est agrégé de lettres) qui revisitent la musculation en allant chercher ailleurs et en ayant commencé par se remettre en question.

(...)

Si tu parviens à faire 50 répétitions avec une résistance déjà importante, tu es forcément plus fort en séries courtes avec une résistance encore plus importante. C'est basique.

Je m'oppose à une définition unilatérale de la force. J'ai rencontré une fois un homme de 45 ans environ, spécialisé dans le déménagement d'objets très lourds. Très gras, pas musclé d'apparence, il a manipulé devant moi une presse de 600 kg comme si c'était un jouet. Il ne faisait ni couché, ni Soulevé de Terre, ni squat, rien que son métier.
Tu peux être sûr qu'il se serait écroulé avec une barre pas très lourde à un exercice d'haltérophilie. Il aurait été ridicule au couché comme cette championne de bras de fer qui pousse 100 kg au couché et qui bat des hommes poussant 220 kg...
Cet homme n'avait aucune condition physique, il peinait à traîner sa masse.

Il n'y a pas "la force" mais "les forces"."

Source: Qui croire??? - 22 juillet 2006

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