Dopage : 3 anciens pros vident leur sac – partie 3

Dopage pros bodybuilding

Interview vérité sur le dopage et les produits dopants utilisés dans le milieu du bodybuilding de compétition. Rencontre de 3 légendes vivantes de ce sport : Dorian Yates, Shown Ray et Kevin Levrone. Troisième partie [Partie 1, Partie 2].

Il est difficile de trouver un top amateur, et encore moins un pro ces temps-ci, qui n'utilise pas d'hormones de croissance et d'insuline avec des stéroïdes. Était-ce la même chose lorsque vous concourriez ? Sont-ils tous les deux nécessaires pour l'esthétique, aujourd'hui, à haut niveau ?

S. R. : Ce qui est triste, c'est que la nouvelle génération ne veut pas discuter ou lire à propos de l'entraînement et de la nutrition. Elle est obsédée par les dopants, probablement parce que cela colle avec la « gratification instantanée » qui définit la mentalité du monde d'aujourd'hui.

D. Y. : J'ai utilisé de l'hormone de croissance durant mes phases de concours. La première fois que j'en ai pris, c'était pour la Nuit des Champions en 1991 et Mr. Olympia. Je prenais 4 UI par jour alors que j'étais au régime, et je ne peux pas dire que j'ai remarqué beaucoup de différence en l'ajoutant. Pour mon hors-saison en 1992, j'ai doublé à 8 UI par jour constamment, et j'ai vu de meilleurs résultats. J'avais atteint un plateau, et cela m'a aidé à atteindre le prochain niveau. J'ai eu des gains très importants cette année mais, malheureusement, j'ai raté ma diète pour ma première victoire de M. Olympia 1992, de sorte qu'ils n'ont jamais été vus. Je savais que je serais le gars le plus massif là-bas de toute façon puisque Haney s'était retiré, donc ma préoccupation était d'être aussi écorché que possible.

Pour 1993, j'ai tout fait à l'identique par rapport à l'année précédente, y compris les produits et la GH, mais j'ai été moins zélé dans ma préparation. En conséquence, cela est apparu comme si j'avais fait un énorme bond en volume par rapport à l'année précédente. Mais, ce que vous avez vraiment vu était les gains que j'avais fait durant plus de deux hors-saisons.

Quant à l'insuline, je ne l'ai utilisée qu'en 1997 pour le hors-saison menant à ma sixième et dernière victoire de M. Olympia. J'étais plus massif que jamais, mais ce n'était pas du muscle de qualité, et mon abdomen était distendu. Certains croient que vous devez utiliser toutes les choses à votre disposition. Pour moi, l'insuline a eu un impact global négatif sur mon physique. Il m'a empêché d'atteindre l'état physique habituel qui me rendait fier. La masse brute n'est pas la même chose que du muscle de qualité. J'en ai obtenu plus, mais au détriment de séparations musculaires claires. Je vois constamment la même absence de séparation aujourd'hui chez les gars, ainsi que les mêmes abdos distendus. Je ne suis pas sûr de quels mécanismes sont responsables. Vous pouvez théoriser que cet abdomen distendu provient de la croissance des organes internes, mais si tel était le cas, mon ventre aurait toujours été gros.

K. L. : L'hormone de croissance était encore relativement nouvelle sur la scène quand j'ai commencé la compétition en tant que pro. Les gens ont fait beaucoup de bruit à ce sujet, et il y a eu beaucoup de battage médiatique autour. Je dois préciser ce que je disais sur le fait de ne rien changer à ce que je faisais, parce que j'ai essayé la GH deux fois. Quand j'ai gagné l'Arnold Classic en 1996 à 257 livres (117 kilos), je l'ai utilisée deux fois par jour tous les jours pendant les quatre dernières semaines jusqu'au spectacle. J'ai aussi utilisé de l'insuline pour ce spectacle, deux UI de Humulin R après ma séance d'entraînement avec un repas et avec un autre repas un peu plus tard. Cela m'a aidé à gagner plus de 15 livres (7 kilos), mais ce n'était pas du muscle de qualité, comme l'a dit Dorian.

Pour moi, j'avais l'air un peu mou et aqueux, même si j'ai gagné. Je l'ai utilisé de nouveau l'année d'après pour le show Arnold, et cette fois cela a tellement tiré mon physique vers le bas que je me suis placé huitième. Cela a été le plus bas classement de ma carrière dans un concours et même la seule fois où j'ai été hors du top 6 en tant que pro. Alors je dis, jetez ce genre de produits.

J'ai fait M. Olympia cette année-là en étant aussi ecorché que d'habitude, puis je me suis placé septième au Grand Prix shows en Europe. Je les ai tous gagné sauf celui en Russie auquel Ronnie est venu. Tout cela me fait penser que la GH et l'insuline sont préjudiciables à mon physique. Ils ont fait gonfler mon abdomen et flouté mes séparations musculaires. Ils vous donnent du volume, certes, mais n'améliorent pas votre physique.

Quel était le cycle de dopants typique pour vous durant vos phases de préparation de concours et durant les hors-saison ?

S. R. : il n'y a jamais rien eu de « typique » à propos de mon approche de la compétition. C'était différent chaque année, comme j'aime le changement et la variété. Il n'y a jamais eu un moment ou un médicament spécifique qui m'a intéressé au point où je devais regarder le calendrier comme s'il était un guide pour mon entraînement et la préparation du concours. Je me suis entraîné toute l'année pour M. Olympia, à des moments avec plus d'intention qu'à d'autres. J'ai eu mes périodes de repos et ainsi de suite, mais je n’ai jamais défini le temps pendant lequel un cycle devait avoir lieu. Je n'ai jamais compté mes calories, pesé ma nourriture, pris des mesures de mon corps ou laissé le volume guider mes progrès. Un cycle de médicaments n'a pas non plus dicté mon attitude lorsqu'il était temps pour moi de me préparer pour un spectacle. Je n'ai jamais eu un bouton que je devais cliquer pour être prêt, j'étais toujours prêt toute l'année.

L'introduction de stéroïdes entrait en jeu seulement quand j'étais dans un processus de dégraissage tout en essayant de conserver le muscle. Les différents médicaments ont été fabriqués à des fins très différentes, donc je n'ai jamais eu un cycle de dopants "typique" parce que je n'ai jamais eu besoin du même produit pour chaque aspect de ma phase de sèche. Une analogie de la "voiture" serait utile ici. Une voiture est utilisée pour aller du point A au point B. Toutefois, une personne qui achète une voiture spécifique peut le faire pour de nombreuses raisons différentes, à savoir, la taille, le style, la marque, le modèle, la vitesse, l'espace intérieur, etc. Il y a des milliers de voitures pour que chaque personne qui cherche à acheter une voiture trouve celle qui lui convient.

Shawn Ray

D. Y. : Permettez-moi de souligner que ce qui suit ne constitue pas une recommandation, ce n'est que ce que j'ai utilisé. C'est le cycle que j'ai suivi vers 1993 dans les 12 dernières semaines avant le concours de Mr. Olympia :

  • Hebdomadaire : Testostérone 300 mg, Parabolan 152 mg et Primobolan 500 mg.
  • Au quotiden : Anavar 50 mg, Hormone de croissance 8 UI.

Généralement, je faisais aussi 3 cycles de 8 semaines pendant le hors-saison, et cela était constitué de produits de base comme Deca et D-bol. Je commençais par faire 4 semaines à la dose maximale, puis je réduisais sur les 4 semaines suivantes avant de prendre 4 semaines de congé et de répéter le processus. Voici le cycle hors-saison haut de 4 semaines typique :

  • Hebdomadaire : Testostérone 750 mg, Deca 500 mg.
  • Au quotiden : Dianabol 50 mg.

Comme je l'ai dit il y a quelques années en arrière, je suis désolé si ces doses déçoivent ceux d'entre vous qui s'attendaient à quelque chose de plus extrême.

K. L. : C'était une simple progression. Mon tout premier cycle était simplement avec de la testostérone cypionate, une seule injection par semaine. Je pense que je prenais 400 mg par semaine. Après avoir gagné le concours dans mon état et décidé que je voulais devenir pro, ce que j'ai fait l'année suivante, j'ai augmenté un peu les doses. J'ai pris de la testostérone jusqu'à 600 mg par semaine, et j'ai ajouté environ 400 mg de Deca et deux Anadrols par jour, ce qui fait 100 mg par jour ou 700 mg par semaine.

Ce fut mon cycle hors saison pendant lequel j'ai gagné 30 livres (14 kilos) entre les shows amateurs de 1990 et 1991. Pour ma préparation, j'ai voulu ajouter deux ampoules de 50 mg de Winstrol V, deux fois par semaine, de sorte que je prenais 200 mg par semaine de Winny. A quatre semaines du show, j'arrêtais la testostérone, le Deca et l'Anadrol. La testostérone et le Deca avaient une longue durée d'action, de sorte qu'ils continuaient à fonctionner pour encore quelques semaines. A deux semaines du show, je commençais à prendre 20 mg par jour de Halotestin en cachets. Donc, j'allais aux shows sous Winstrol et Halo. Les plus longs cycles que j'ai pu faire ont duré 12 semaines. Ils faisaient généralement huit semaines dans les premières années.

Dorian, vous êtes bien au courant de la réaction des gens à vos déclarations. Ils vous ont traité de menteur et ont déclaré que vous aviez déclaré des doses plus faibles pour faire croire que vous ne preniez pas de grosses doses pour ressembler à ce que vous ressembliez.

D. Y. : Eh bien écoutez, le cycle que j'ai listé ci-dessus pour ma préparation date de 1993, et il comptait à peu près 1.500 mg au total. Je n'ai jamais dit que je n'avais pas augmenté les doses au fil des années qui ont suivi. Je suis très méticuleux et conserve les dossiers de toutes mes séances d'entraînement, de mes repas et de mes cycles de médicaments. À un moment donné, j'ai utilisé dans les 2500 mg par semaine durant ma hors-saison, mais je n'ai pas vu plus de bénéfices que lorsque j'en prenais 1500 mg. Encore une fois, tout ce que j'ai dit était réel. Parabolan était vendu en ampoules de 76 mg, et il était très puissant. Aucune personne à qui j'ai pu parler n'a utilisé plus de trois ampoules par semaine. J'entends parler de gars utilisant désormais 1.000 mg par semaine de trenbolone, ce qui est scandaleux. Si vous avez une bonne génétique, vous n'avez vraiment pas besoin de méga-doses. Je crois honnêtement que Ronnie Coleman était vraiment naturel quand il est devenu professionnel en 1991 à 215 livres (97 kilos).

Les gars qui viennent à moi en prennant les doses les plus élevées sont généralement des amateurs frustrés qui manquent de génétique pour devenir pros. Ils essaient de compenser en utilisant des tonnes et des tonnes de produits, mais cela ne fonctionne pas de cette façon. Les trafiquants de drogue veulent faire croire que tout le monde peut être un bodybuilder pro, et même concourrir dans le Mr. Olympia, si seulement vous êtes prêt à prendre de plus en plus de médicaments. Ce n'est pas vrai et les gars qui ont besoin d'entendre cela sont dans le déni et refusent d'écouter. C'est comme si vous écrasiez leurs rêves, mais en attendant, ils jouent avec leur santé, pour quoi ?

Quels étaient vos produits préférés pour la hors-saison et la préparation de concours ? Aviez-vous des dopants favoris ?

S. R. : Je ne vais pas répondre à cela, et voilà pourquoi. En tant que bodybuilder, nous aimons la « pureté » du bodybuilding, ce qui veut dire l'entraînement, la compétition, la pose, la préparation et la camaraderie. Utiliser des stéroïdes n'a jamais été un aspect plaisant pour moi, même discuter d'eux. J'avais un dédain personnel pour toutes les formes de dopants dans notre sport, je les voyais comme un mal nécessaire qui coexistaient avec mon premier amour. La dernière chose que j'ai envie de faire c'est déballer les choses que je faisais, car je sens que ça encouragerait des gens à rechercher les produits parce que c'est ce que Shawn Ray utilisait. Si c'était bon pour lui, c'est bon pour moi aussi ! Non, je ne veux prendre aucune part là-dedans.

D. Y. : Je vais répondre. Equipoise ou EQ a été quelque chose que j'ai aimé pendant mes années d'entraînement. Le bon vieux D-bol a été le premier dopant que j'ai utilisé et c'est toujours mon petit favori. Tous les gars aux USA adorent le Winstrol. Je pense qu'il craint. L'injection a toujours été très douloureuse et je n'ai jamais pensé qu'il avait quelque chose de spécial.

Kevin Levrone

Ronnie Coleman gagne le Mr Olympia 2002 et Kevin Levrone (à droite) termine second…

K. L. : Cypionate de testostérone, Deca et Anadrol ont toujours bien fonctionné pour moi. C'étaient des basiques, vous ne pouvez pas vous tromper avec eux. Je ne peux pas dire que j'ai essayé des produits auxquels je n'ai pas répondu ou auxquels j'ai mal réagi, pour la simple raison que je n'ai pas essayé beaucoup de choses.

Source : MuscularDevelopment Mag, Février 2015 - Ron Harris.

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